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Article disponible en Anglais.

Mise à jour en cours...

1) Histoire, objectif et hypothèses

Page en écriture et projet en cours. Confirmation: c'est possible, ça va chier.
Lieu: Cinéma
Objectif: Désynchroniser les lunettes 3D LCD afin de rendre le film illisible et vomitif pour le maximum de spectateurs
Interêt: Rire

Scruffy et moi avons croisé à la sortie d'une salle de cinéma, une table sur laquelle était disposés des dizaines de lunettes 3D pour le film Avatar, en train d'être comptées et rangées.

Prennant mon "courage social" inexistant à deux mains, j'ai (encore) lâchement laissé Scruffy demander à l'employée si on pouvait les regarder de plus près.

De mon ancienne visite au Futuroscope, je me souvenais des lunettes 3D utilisés pour "Le défi d'Atlantis".
Après avoir eu naturellement découvert (en regardant le plafond) que les lunettes recevaient un signal de synchronisation lumineux, je m'amusais à faire lourdement chier un ami en mettant mon doigt devant le recepteur.

Depuis, je n'ai plus d'ami, et je n'ai pas pensé à regarder le film.

Les lunettes pour Avatar sont beaucoup moins grosses (pas d'haut-parleurs intégrés), mais le carré noir au centre des deux verres indique clairement que la même technologie est utilisée.

Pour résumer le fonctionnement des lunettes 3D dites "actives":
Le film contient deux fois plus d'images qu'un film normal, si il a été filmé avec deux caméras en 24fps, la bande sera lue à 48fps avec une image pour chaque oeil.
Pour que chaque oeil ne voye que l'image qui lui est destiné, les lunettes s'occupent de cacher l'un ou l'autre alternativement, à la même fréquence de défilement que la bande.
Les lunettes ont alors besoin de savoir quel oeil "ouvrir" à quel moment.

Il existe pour l'instant trois types de transmission sur le marché: radio, infrarouge, ou lumière blanche (DLP-Link ou "Triple flash").

Heureusement pour nous ce soir là, les cartons qui contenaient les lunettes étaient ceux d'origine et avaient de beaux logos "XpanD" imprimés sur eux.
XpanD est au départ une boite Européenne, qui s'est implantée aux États-Unis (Los Angeles) pour fabriquer leur materiel. Ils ont racheté NuVision et leur technologie 3D en 2008.

Leurs lunettes X101 sont synchronisées par infrarouge et se vendent $110 l'unité.
Leur autre modèle, X102 est synchronisé par l'image et se vendent pour $50 de plus.

Le problème majeur est qu'il n'est pas possible de les différencier par leur apparence. X6D Ltd., le vrai nom derrière XpanD, ont déposé un modèle (US #D603445) pour les deux types.
Il est possible que leur numéro de série puisse les identifier, mais je n'ai pas pensé à regarder l'étiquette "Made in USA" de plus près.

Première hypothèse: Les lunettes X101 seraient surement perturbables par un simple signal infrarouge sur la bonne porteuse (si il y en a une).

 

Les lunettes X102 ont besoin de projecteurs DLP (Texas Instruments ont l'air de demander beaucoup de pub). Entre chaque image, des "sous-images" de synchronisation sont projetées très rapidement (on a logiquement pas le temps de les voir). Le capteur sur les lunettes les detecte et en tire l'information oeil droit/oeil gauche.

Par exemple (je sais pas exactement à quoi ressemblent leurs flashs), il peut y en avoir 3 pour cacher l'oeil droit (image gauche à venir), et 2 pour cacher l'oeil gauche (image droite à venir).

Comme la technologie et les données précises sont propriétaires, il y a peu de chances qu'elles se retrouvent dans un brevet. Et elles le sont, elles ne sont pas dans un brevet déposé par X6D. Il n'est pas vraiment nécessaire de connaître exactement la série de flashs ou des signaux infrarouges, puisqu'on veut seulement faire piner les lunettes de manière la plus visible possible.

Note: XpanD vendent un boitier de test pour leurs lunettes, qui fonctionne apparament avec leurs deux modèles, ce qui voudrait dire que le X102 est retro-compatible avec le X101, et qu'il prend aussi l'infrarouge. Good for us ?

Les lunettes passives, polarisées ou à filtre de couleur ne sont pas interessantes d'un point de vue chiant. Elles reposent sur des phénomènes physiques qu'on ne peut pas contrôler comme en s'interposant entre un emetteur et un recepteur.

Les lunettes polarisées (photos à gauche) fonctionnent un peu comme les écrans à cristaux liquides des montres à quartz. D'ailleurs, si on filtre la lumière par polarisation deux fois, on peut rentre l'écran complètement invisible (un verre le rendra invisible à 90° ou -90°, l'autre à 0° ou 180°).

La séparation des images se fait de la même façon. Les cinémas qui utilisent ce procédé ont deux projecteurs ou une lentille double et des polariseurs circulaires (ou linéaires, si un verre devient opaque quand on penche la tête).

 

2) Première séance: récolte d'infos

Le cinéma d'ici utilise cette brave bête pour la projection numérique (CP2000-XB DLP Christie pour ceux qui sont radins en onglets), mais pas la moindre indication du "DLP-Link" dans ses spécifications.

Pour ne pas prendre de trop gros risque, et pour pouvoir être sûr de voir les éventuels projecteurs IR, j'ai pris mon vieux compact Canon modifié pour prendre des photos dans la salle. Ce qui explique les photos en noir et blanc (c'était soit ça, soit en noir et rose...) et la mise au point un peu funky.

Voici les lunettes activées, toujours aussi alléchantes bien que non-commestibles.

La documentation officielle des projecteurs IR, celle qui en dit le plus (je vous épargne le fait de la chercher et de devoir vous inscrire sur un site de merde) stipule ceci:
"It contains 280 high-power, narrow-angle (10°) IR diodes and consumes 5 watts of power.".

 

Premier reflexe après avoir positionné mon cul au dessus d'un fauteuil convenable: regarder derrière, pour voir si il n'y aurait pas la meilleure preuve que la synchro se fait par infrarouge. Elle y était. Joie. Deux gros projecteurs IR juste derrière la vitre du projecteur.

L'angle aigu peut paraître étrange à première vue, mais c'est parce que les projecteurs sont conçus pour viser l'écran, et non les specateurs directement.

Le cône de lumière à 10° est alors réfléchi sur l'écran et finit par "innonder" toute la salle de cinéma. C'est alors que Charles 1er inventa le terme de "flood light" en 1974, en faisant la cuisine chez sa belle-mère.

 

Pas besoin de faire un dessin, en effet sur la photo on peut voir les 7 lignes de 40 colonnes de LEDs infrarouges.

Les ridicules 5W de consommation électrique viennent du fait que le rapport cyclique du signal émis est de moins de 0.1. Avec autant de LEDs, seulement deux projecteurs pour une si grande salle, et un signal à fréquence porteuse on aurait pu s'attendre à des dizaines de watts.

 

La colonne morte sur le projecteur donne un indice sur la tension d'alimentation: elle veut dire que les LEDs sont groupées en séries de 7. Si on fait 7*1.6V (tension de seuil d'une LED infrarouge), on obtient 11.2V.

Si on alimente le tout sous 12V, il reste 800mV, soit 0.8/5/280=571µA par LED, ce qui est parfaitement impossible.
Si on alimente le tout sous 24V, il reste 18.8V, soit 18.8/5/280=13.4mA par LED, ce qui commence tout juste à être crédible.

Malheuresement, je n'arrive pas à lire les indications sur le transfo (dernière page de leur doc), si quelqu'un possède un logiciel capable de faire un zoom à la "Les Experts": qu'il me contacte, j'ai une boite de chocolats à offrir.

 

IR Investigator est l'un des rares programmes que j'utilise sur GameBoy qui n'est pas un gadget. C'est vraiment un outil utile dans ce genre de situation.

Puisque le materiel a été conçu par des pros, on en doute pas, et comme le programme a été conçu par quelqu'un qui sait ce qu'il fait, on en doute pas non plus. Tout l'inverse de ce que j'aurais pu prévoir pour enregistrer les signaux... Bref, il a très bien fait son travail.

Merci Ken Kaarvik, merci Nintendo.

 

Quelques instants de reflexion seraient de rigueur maintenant...

Note: 1/144=6.94ms, pas loin du tout de 6.92ms.

Est-ce que IRI n'a pas eu le temps d'enregistrer certains pics dans l'enregistrement A ?

Un pic: alterner ?
Pourquoi des écarts de 13.84ms ?
Trois pics: réveil ? Ou resynchro ?

Image 1 oeil gauche, Image 1 oeil droit
Image 1 oeil gauche, Image 1 oeil droit
Image 1 oeil gauche, Image 1 oeil droit
Image 2 oeil gauche, Image 2 oeil droit
Image 2 oeil gauche, Image 2 oeil droit
...

 

3) Deuxième séance: passage à l'acte

Construction du projecteur IR sur cette page.

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